Un institut pour l'éducation et le développement professionel

Thèse d'Anaïs Loizon

 

Date de soutenance : le 4 octobre 2016

 

Membres du jury :

Philippe Astier, Professeur, Université Lyon II : Rapporteur

Stéphane Brau-Antony, Professeur, Université de Reims Champagne-Ardenne : Examinateur

Patrick Mayen, Professeur, AgroSup Dijon : Directeur de thèse

Sophie Morlaix, Professeur, Université de Bourgogne : Examinateur

Emmanuel Triby, Professeur, Université de Strasbourg : Rapporteur

 

Enseigner et se former dans l’enseignement supérieur

Variations sur le travail et la formation pédagogique des enseignants-chercheurs 

 

Mots-clés : analyse du travail, didactique professionnelle, pédagogie, enseignement supérieur, formation.

 

Résumé : La mission d’enseignement des enseignants-chercheurs, longtemps absente des débats et des recherches en éducation est aujourd’hui devenue un objet d’attention. Les exigences accrues en matière de qualité des formations dispensées dans l’enseignement supérieur et les évolutions du public étudiant interrogent directement  la « professionnalité » des enseignants-chercheurs et la façon de les former au mieux à leur mission d’enseignement. Constatant que le travail, dans ses deux faces indissociables de tâche et d’activité, était peu pris en compte, à la fois, par les professionnels de la formation et par les chercheurs se réclamant du champ de la pédagogie universitaire, cette thèse s’attache à caractériser l’environnement de travail des  enseignants-chercheurs au sens large, c’est-à-dire à la fois les conditions périphériques et les conditions centrales (Leplat, 2000) avec lesquels les enseignants doivent aujourd’hui composer et la nature des interactions entre les situations de travail rencontrées, les composantes agissantes de ces situations et l’activité des acteurs. Elle convoque dans ce but  le cadre de la didactique professionnelle donnant ainsi une orientation pragmatique à cette recherche : il s’agit d’analyser le travail pour penser la formation des enseignants-chercheurs à leur mission d’enseignement. Elle prend comme périmètre d’enquête un secteur de l’enseignement supérieur français : l’enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et de paysage. L’originalité de la démarche déployée dans cette thèse est de s’appuyer sur deux terrains de recherche pour mener l’analyse. L’ « analyse du travail pour la formation » (Pastré, 1992) s’effectue ainsi de deux manières : à la fois à travers l’analyse de situations de travail et à travers l’analyse de situations de formation dans lesquelles des enseignants apprennent à enseigner. Elle croise à la fois des analyses de documents, des observations sur le terrain et des entretiens menés auprès d’enseignants-chercheurs et d’étudiants volontaires. Les analyses mettent en évidence plusieurs dimensions critiques du travail qui dessinent des priorités à travailler en formation ou des éléments à retourner aux institutions : se situer comme enseignant dans un espace et dans une institution, travailler avec les instruments, se frayer un accès aux résultats de son activité, gérer le travail avec les professionnels lorsque ceux-ci entrent dans la situation pédagogique. Elles montrent également comment la rencontre avec les situations de formation et les ressources mises à disposition peut entraîner de nouvelles manières de raisonner et de penser son action en situation de travail. Ce travail propose plusieurs pistes à exploiter pour renforcer des situations potentielles de développement (Mayen, 1999) au travail et en formation.